jeudi 5 novembre 2009

De "bonnes" agences de santé ?

La presse a fait grand cas d’une pétition contre la taxation des accidentés du travail lancée par des dizaines de personnalités de gauche, dont Jean-Christophe Cambadélis, pour le PS, Pierre Laurent, pour le PCF, Jean-Luc Mélenchon pour le Parti de gauche, Olivier Besancenot, pour le NPA.
On ne peut que partager la réaction des signataires de la pétition, pour qui il faut faire «reculer, catégoriquement, cette mesure inique, intolérable, inhumaine» (1).
En effet, la proposition du chef de file des élus UMP, Jean-François Copé, qui consisterait à intégrer dans le revenu imposable les indemnités journalières versées aux victimes d’accidents du travail, est en tous points scandaleuse. Elle soulève l’indignation de tout le monde. A tel point, d’ailleurs, que le Medef lui-même y est opposé et que, selon la presse, il n’est pas sûr que l’amendement soit déposé !
Mais les travailleurs sont en droit de s’interroger : serait-ce la seule mesure du projet de loi de financement de la Sécurité sociale qui implique de réagir ? Les signataires de la pétition n’ont-ils rien d’autre à en dire ?
Cette question est peut-être éclairée par l’échange qui s’est déroulé, à l’Assemblée nationale, entre Roselyne Bachelot, ministre de la Santé, et Marisol Touraine, porte-parole du PS, dès l’ouverture du débat sur le projet de loi de financement ?
Le ministre a, d’emblée, exhorté les députés «à bien avoir en tête la loi du 21 juillet 2009, “Hôpital, patients, santé, territoires” (HPST). Grâce à cette loi, nous disposerons au cours de l’année 2010 d’une organisation plus cohérente et d’une gouvernance plus performante de notre système de santé.»
C’est clair et net. Le projet de loi de financement 2010 n’est pas le quatorzième du genre. Il est le premier de la mise en oeuvre de la loi Bachelot.
Marisol Touraine lui répond pour le PS : «La loi HPST, nous la trouvons vide. Peut-être faut-il attendre la suite des événements ? »
Vide, la loi HPST, qui a supprimé du Code de santé publique toute référence à l’obligation de moyens de l’hôpital public pour lui substituer les «missions de service public» ?
Vide, la loi HPST qui, via les agences régionales de santé (ARS), transforme la Sécurité sociale en instrument de la suppression des lits d’hôpitaux, de la fermeture des services ?
Et Mme Touraine de poursuivre : «La situation est assez préoccupante, étant donné les décisions que vous prenez — comme la fermeture des blocs opératoires —, alors même que les ARS ne sont pas mises en place. »
Il y a quelques mois, lors du débat sur la loi Bachelot, les élus PS et PCF déclaraient que «considérer que le territoire régional est le niveau d’action pertinent, voilà qui nous réunit tous» (Mme Génisson, PS) ou que, «concernant l’organisation des soins et des structures de soins sur le territoire, nous aurions voulu pouvoir saluer sans réserve la mise en place des agences régionales de santé» (Mme Fraysse, PCF).
De bonnes agences régionales de santé, voilà ce qu’ils demandaient, au moment où des dizaines de milliers d’infirmières, de médecins manifestaient pour le retrait de la loi Bachelot.
Et aujourd’hui, selon Mme Touraine, le ministre se devrait d’attendre la mise en place des ARS pour décider avec elle.
N’y a-t-il pas là un problème majeur pour tous ceux qui veulent défendre l’hôpital public et la Sécurité sociale de 1945 ? ■

(1) Encore plus inique que l’assujettissement des revenus de remplacement (retraites, allocations chômage, indemnités journalières) à la contribution sociale généralisée (6,2 % au 1er janvier 1998 sous le gouvernement Jospin).

Les travailleurs ont leurs propres revendications

l'éditorial de Daniel Glückstein
(Informations Ouvrières n° 71)

Un président de la République en procès contre un ancien Premier ministre, membre de son parti.
Un autre ancien Premier ministre, membre du même parti, qui appelle à bloquer une réforme
voulue par le même président.
Un ancien ministre de l’Intérieur condamné. L’affaire Boulin qui refait surface…
Jamais, la Ve République n’avait à ce point été assaillie par les «affaires». Ce régime ne tient qu’à un fil. Cela ne l’empêche pas, pourtant, de porter les pires coups contre la classe ouvrière et la démocratie. Comme si les soutiens qui lui manquent il les trouvait ailleurs que dans son propre camp…
Ce 2 novembre a été mis en place le comité organisateur des «états généraux pour une politique industrielle» (dont Sarkozy affirme que l’idée lui en a été donnée par le secrétaire général de la CGT). Quarante-trois membres, parmi lesquels les dirigeants des confédérations ouvrières, les représentants des patronats français et allemand, des parlementaires UMP et PS, etc. Il sera présidé par Jean-François Dehecq, jusque-là président du conseil d’administration de Sanofi-Aventis.
Sanofi-Aventis : plus de 4 500 suppressions d’emploi annoncées dans les dix-huit derniers mois (dont 1 500 déjà réalisées) et des dividendes (versés aux actionnaires) multipliés par deux en cinq ans. Et aussi un accord de gestion prévisionnelle des emplois et des compétences (GPEC) dans lequel la direction et les organisations signataires s’engagent à «tout mettre en oeuvre pour limiter au maximum les départs contraints en pratiquant la mobilité, la reconversion, etc. ».
A quoi peuvent servir des états généraux, de surcroît présidés par un P-DG ayant un tel bilan, sinon à co-organiser les plans de licenciements et leur accompagnement ?
Ces états généraux se déclinent d’abord dans les régions. En avant-première, les Assises du développement de l’industrie durable, tenues à Gardanne le 29 octobre : «Les forces politiques, économiques et sociales» réunies y ont exprimé «leurs convictions collectives» en faveur d’une «industrie économiquement fiable, respectueuse de l’environnement et socialement responsable» et du «renforcement des liens entre mondes académique et industriel». Qui sont-elles ces «forces» ? Premiers signataires : le préfet de région, les présidents PS de la région et du département, le sénateur maire UMP de Marseille, le maire (PCF) de Gardanne, le recteur de l’académie, le président de l’UIMM (patronat de la métallurgie)... Que signifie «une industrie économiquement fiable» dans la bouche du représentant du patronat de la métallurgie, ou de l’Etat ? Une économie débarrassée des secteurs «non fiables» ! Licenciements et restructurations : c’est le seul menu des états généraux.
Ce même 2 novembre, aux Etats-Unis, les membres du syndicat de l’automobile UAW de la compagnie Ford ont, par un vote, rejeté l’accord signé préalablement entre la direction de l’entreprise et celle du syndicat. Accord qui prétendait imposer une flexibilité accrue, le gel des salaires pour les nouveaux embauchés et l’interdiction de toute grève sur les questions salariales… jusqu’en 2015 !
France, Etats-Unis : les travailleurs ont leurs propres revendications.
Ils n’ont rien à gagner – au contraire – à la participation de leurs organisations à des états généraux dont la seule fonction est d’imposer les diktats des patrons et des gouvernements.
Plus que jamais, tout se concentre dans le mot d’ordre : interdiction des licenciements.
Celui sur lequel travailleurs et jeunes de toutes tendances se rassembleront le 28 novembre à l’appel des comités pour la marche unie pour l’interdiction des licenciements.

mercredi 28 octobre 2009

Co-gouverner n’est pas s’opposer

l'éditorial de Daniel Glückstein
(Informations Ouvrières n° 70)

Rarement le fossé n’avait été si profond entre ce qui se passe « en haut » et la réalité.
En bas… : maires et élus locaux, de toutes tendances politiques, se dressent contre le projet de loi Balladur-Mauroy-Hortefeux qui organise le dépeçage de la République. Ils sont nombreux à signer l’appel pour le retrait dont le Parti ouvrier indépendant a pris l’initiative.
En haut… : défendant ce projet, le Premier ministre, François Fillon, déclare : « De la commission Mauroy, en 2000, à la commission Balladur, en 2007, grosso modo, on fait tous le même diagnostic.» Dans la presse, l’ancien Premier ministre socialiste Mauroy justifie sa participation à la commission Balladur, qui a donné naissance au projet de loi.
Quelques jours plus tôt, Alain Rousset, président (PS) de la région Aquitaine et de l’Association des régions de France, écrit à Manuel Barroso, président de la Commission européenne :
« Au cours de nos rencontres régulières (…), nous sommes convenus que le seul niveau national ne suffit pas à l’action de l’Union européenne. La subsidiarité implique un contrat avec les niveaux régionaux et locaux en continuant à les responsabiliser comme des partenaires concrets des politiques communautaires. »
Les « politiques communautaires » dont Rousset réclame la mise en œuvre conjointe par l’Union européenne, le gouvernement Sarkozy et les régions, départements et communes (majoritairement de gauche), c’est le pacte de stabilité avec son train de mesures anti-ouvrières.
Rousset ajoute : « La compétence partagée entre l’Union, les Etats et les régions est cruciale (…), nous partageons avec vous la nécessité de faire un effort plus important pour les ressources humaines, en particulier la mobilité, la formation professionnelle, la reconversion des travailleurs. »
Mobilité ? Reconversion ? C’est le schéma des fameux « états généraux pour une politique industrielle » dans lesquels Sarkozy prétend lier majorité et opposition, patronat et syndicats ouvriers… dans la co-organisation et l’accompagnement des plans de licenciements. Etats généraux qui se déclinent justement par région : ainsi, Jean-Jacques Queyranne, président (PS) de la région Rhône-Alpes, revendique de présenter « une contribution de Rhône-Alpes à ces états généraux ».
La démocratie est en crise.
L’abstention massive qui croît d’élection en élection en est l’expression, mais pas la cause. La cause de cette crise de la démocratie est à chercher ailleurs. L’essence même de la démocratie, c’est que les intérêts sociaux en présence dans la société peuvent librement se confronter, au plan syndical comme au plan politique.
Il y a crise de la démocratie quand le gouvernement et l’opposition décident de co-gouverner et que les organisations syndicales sont sommées de s’intégrer dans ladite gouvernance.
Cette crise de la démocratie appelle des solutions politiques.
Dans la déclaration de son conseil fédéral national (1), le Parti ouvrier indépendant soumet à la discussion des propositions concernant la reconquête de la démocratie politique.
Qu’on partage ou non ces propositions, l’issue politique ne sera ouverte que par la mobilisation du peuple travailleur lui-même combattant pour ses droits. C’est dans cette perspective que le Parti ouvrier indépendant soutient le rassemblement du 28 novembre pour l’unité pour l’interdiction des licenciements, ainsi que, sur un autre plan, l’appel des 1 500 élus à l’unité pour le retrait du projet de loi Balladur-Mauroy-Hortefeux, qui menace
la République.

(1) Disponible auprès des militants du POI ou sur le site national

mardi 27 octobre 2009

Samedi 28 novembre - 14 h 30 - Paris


Rassemblement national à l’Assemblée Nationale
pour la marche unie pour l’interdiction des licenciements

Ils peuvent bien raconter tout ce qu’ils veulent : les travailleurs de ce pays connaissent la réalité : les plans de licenciements continuent à tomber à un rythme infernal.
600 000 emplois ont été perdus dans ce pays durant l’année 2009.
C’est ce que prévoit l’INSEE.
Jusqu’à quand cela va-t-il durer ?
Pour eux, c’est clair :
« Nous avons pour dix à douze mois de montée du chômage devant nous » déclare le directeur général du FMI, Dominique Strauss-Kahn.
En France, la patronne du MEDEF, Laurence Parisot, affirme que « les dépôts de bilan des PME » risquent de se traduire par « la destruction de centaines de milliers d’emplois ».
Pour tous les travailleurs, pour la famille, pour toute la population, c’est tout aussi clair, il faut que cela s’arrête, il faut que soient interdit les licenciements.
Dans tout le pays, militants, travailleurs et jeunes s’interrogent : pourquoi malgré les mobilisations des travailleurs, on ne parvient-on pas à arrêter les licenciements ?
A l’initiative d’une rencontre tenue à Puteaux début septembre avec les délégués de 61 entreprises, des conférences départementales pour l’unité pour la marche unie pour l’interdiction des licenciements ont été convoquées dans 52 départements.
Un débat intense et une recherche se développent :
• « Dans les usines on combat. Alors qu’est-ce qu’on peut faire de plus ? L’interdiction de licenciements, c’est un mot d’ordre souhaitable, dans mon usine Vedior-Randstad, sur 542 salariés, il reste 150 personnes dont l’avenir est très incertain. »
• « La base demande l’unité d’action. Comme syndicalistes, on subit les lois. Aussi, on s’adresse aux politiques. Il est important que les dirigeants politiques voient des salariés qui revendiquent l’interdiction des licenciements et s’organisent cela. On peut faire bouger les choses et les faire changer là-haut. »
• « Nous sommes réunis en rencontre départementale, militants du Parti socialiste, du Parti communiste, du Parti ouvrier indépendant, du NPA, du Parti de Gauche d’autres sensibilités politiques, syndicalistes de toutes tendances, élus, car nous avons une revendication commune : marche unie pour l’interdiction des licenciements. Mais cette unité qui se tisse et se renforce, à la base, dans notre département comme dans tous les départements, n’a pas pour l’instant trouvé son équivalent au plan national. C’est incompréhensible. »
• « Au moment où Nicolas Sarkozy propose que se tiennent des Etats généraux de l’industrie dans le but avoué d’essayer d’associer les syndicats ouvriers à l’accompagnement des licenciements, il faut dire clairement que l’arrêt des licenciements ne viendra pas des Etats généraux d’Estrosi-Sarkozy. Il est nécessaire de se regrouper autour d’une exigence vitale et urgente de la seule exigence qui vaille : unité pour l’interdiction des licenciements. »
Au fur et à mesure qu’elles se tiennent, les conférences départementales répondent favorablement à la proposition d’une initiative nationale le 28 novembre afin de faire grandir le combat pour l’unité, pour la marche unie pour l’interdiction des licenciements.
Ce sera une étape.
Nous appelons à la tenue d’un premier rassemblement national le samedi 28 novembre à 14h30 devant l’Assemblée Nationale.
Au cours de ce rassemblement, des délégations de centaines d’entreprises seront présentes.
Des militants de toutes tendances s’exprimeront.
Une force se rassemblera pour dire nous n’acceptons pas la division des rangs ouvriers.
Nous refusons les Etats généraux de Sarkozy.
C’est un piège.
Nous allons faire grandir, en nous organisant, l’exigence de l’unité pour l’interdiction des licenciements.
Avec nos banderoles, les pancartes de nos groupements dans les entreprises, dans la diversité de nos points de vue et de nos engagements, rassemblons-nous devant l’Assemblée nationale.
Pour tout contact :

Réforme de la fiscalité locale oblige, le département jette l'éponge budgétaire

«Nous sommes dans l'incapacité de prévoir un budget pour 2010. Nous connaissons nos dépenses, nous ne savons pas ce qu'il en sera de nos recettes. C'est la première fois depuis des années de mandat que je présente quelque chose d'aussi incomplet et mal venu ».
Pierre Izard ne mâchait pas ses mots, hier à l'issue de la présentation des orientations budgétaires pour 2010.
La faute à la réforme de la fiscalité locale en cours, un « étouffoir économique et politique » qui prévoit de supprimer la taxe professionnelle (compensée par l'Etat durant la seule année 2010) et de retirer au département taxe d'habitation et taxe foncière non bâtie. « La suppression de la taxe professionnelle pèsera sur les ménages qui payeront à la place des entreprises, à travers les impôts », estime Pierre Izard.
Mise sous tutelle
« Nous n'aurons plus que la taxe sur le foncier bâti dès 2011, complétée d'éventuelles dotations de l'Etat dont nous ne savons rien aujourd'hui », résume le président du département, dont la colère rejoint celle, récente, d'Alain Juppé. « C'est plutôt Juppé qui me rejoint », corrige le président socialiste de Haute-Garonne. L'ex premier ministre UMP avait lâché : « Le gouvernement se fout du monde », à propos de la même réforme.
Le montant des recettes votées par l'assemblée départementale, 530 millions d'€ en 2009, chuterait ainsi à 160 millions d'€ en 2011 (estimation).
Alors que le nombre de demandeurs d'emploi a augmenté de 23 % de juin 2008 à juin 2009 et que les permis de construire dans le privé ont chuté de 47 %, les dépenses sociales incombant au département sont à la hausse (+25% pour RMI/RSA en 2010 et progression du risque dépendance APA/PCH) tandis que la taxe carbone ne sera pas compensée et que les recettes de fonctionnement (droits de mutation) sont attendues à la baisse en 2010 et 2011.
Conséquences : affaiblissement de l'autofinancement, qui ne permettrait plus au département d'équilibrer légalement son budget en 2011 et 2012, recours à l'emprunt et à l'impôt (le foncier bâti payé par les propriétaires) et report d'investissements. Avec, à terme, la mise sous tutelle préfectorale d'un département « privé de ses moyens et de sa liberté ».

La Dépêche du Midi - 27 octobre 2009

dimanche 25 octobre 2009

Qu’est-ce qui fait défaut ?

l'éditorial de Daniel Glückstein
(Informations Ouvrières n° 69)

Plus de 50 000 paysans ont manifesté dans tout le pays vendredi dernier. Ils ont dit : « Nous voulons vivre et faire vivre nos enfants : c’est à l’Etat de garantir notre revenu et de garantir des débouchés pour nos productions. »
Dans l’une de ces manifestations, une agricultrice prend la parole : « Paysanne depuis trente et un ans et fière de l’être, je veux pouvoir transmettre cette fierté à mes enfants. Aujourd’hui,
on ne peut plus vivre. Etant maire de ma commune, je remplis les dossiers de RSA de mes administrés, pour la plupart des ouvriers qui, après avoir été licenciés, ont épuisé tous leurs droits. Ce RSA, c’est une honte ! Aujourd’hui pour les ouvriers, demain pour les paysans ?
» .

Le jour même où les paysans manifestaient, des assemblées générales spontanées réunissaient un peu partout en France les travailleurs de France Télécom. Les suicides s’ajoutant aux suicides ont fait déborder la colère. Partout, une question : comment en est-on arrivé là ? Remontent à la surface les mesures prises depuis le ministre socialiste Quilès, qui, voilà bientôt vingt ans, a, sur ordre de l’Union européenne, imposé les objectifs commerciaux et remis en cause les garanties statutaires.

Du côté des paysans, c’est la politique de Bruxelles qui est montrée du doigt. C’est elle qui étrangle les productions agricoles, en toute complicité avec les gouvernements successifs et les multinationales de l’agroalimentaire.

Au même moment, dans les assemblées départementales de maires, la révolte gronde contre le projet de loi de réforme territoriale.
De tous bords, les maires veulent préserver départements et communes, qui garantissent l’égalité en droit des citoyens dans la République.
Travailleurs des télécommunications, paysans, élus locaux et salariés en grève contre les suppressions d’emplois (à Servisair, Freescale et ailleurs) : tous cherchent à bloquer la spirale infernale d’une politique qui détruit tout. « Jusqu’à quand le gouvernement Sarkozy va-t-il pouvoir continuer à tout détruire ? », interroge la déclaration adoptée ce dimanche par le conseil fédéral national du Parti ouvrier indépendant.
C’est un fait : la volonté de combattre ne fait pas défaut. Mais les travailleurs sont confrontés à des obstacles. Par exemple, le refus des dirigeants du PS et du PCF de combattre pour l’abrogation des directives et mesures destructrices de l’Union européenne.
Ou encore leur refus de combattre pour l’interdiction des licenciements, doublé de leur acceptation des « états généraux de l’industrie » dans lesquels le gouvernement voudrait en -
fermer syndicats et partis.
Répétons-le, la volonté de combat ne manque pas. Mais s’il s’agit vraiment de bloquer la politique du gouvernement, alors les organisations qui prétendent parler au nom des travailleurs se doivent de n’apporter aucun soutien direct ou indirect à Sarkozy, à l’Union européenne et aux exigences du patronat.
Telle est la discussion que propose d’ouvrir le conseil fédéral national du Parti ouvrier indépendant, en relation même avec le combat pour l’unité pour l’interdiction des licenciements, pour le retrait de la loi Balladur et contre la privatisation de La Poste.
Il s’agit, en renforçant le Parti ouvrier indépendant, de contribuer au regroupement sur des bases claires, des bases de classe et de reconquête de la démocratie politique.
La crise qui s’approfondit dans tout le pays exige, pour déboucher sur des solutions positives, le point d’appui d’un solide Parti ouvrier indépendant, qui soumette ses propositions aux travailleurs et à la jeunesse.

mardi 6 octobre 2009

Freescale : situation sous haute tension


D’un côté les salariés grévistes ; de l’autre un cordon de sécurité ; au centre, la direction cantonnée dans une pièce. Telle est la situation ubuesque et sous haute tension mardi soir à l’usine Freescale.
Le dialogue entamé en début de journée au cours d’une réunion de négociation entre le groupe et les organisations syndicales aura été de courte durée et semble être entièrement gelé. « Les propositions sur les indemnités de la direction sont insuffisantes. Les salariés réunis en assemblée générale à l’issue refusent cette proposition », explique Didier Zerbib, délégué syndical CGT. Selon ce syndicat, le groupe propose « une indemnité plancher de 192.000 euros pour certains cadres et ingénieurs et une autre de 60.000 euros pour les ouvriers si ils partent dans les six mois ».
Le directeur général Denis Blanc affirme au contraire avoir fait « des propositions hors du commun ». « Nous proposons un contrat individuel de retour à l’emploi avec garantie d’un nouvel emploi en CDI. En plus on propose une prime d’indemnisation minimum de 50.000 euros qui englobe l’ensemble des indemnités de licenciement».
Nouvelle réunion annulée jeudi
En guise de réponse immédiate, les grévistes ont bloqué l’entrée du site empêchant les salariés d’en sortir avant d’être délogés par la police. « Nous continuerons notre grève, nous maintiendrons les blocages et nous affronterons les policiers », souligne Didier Zerbib déterminé.
Une nouvelle réunion entre syndicats et direction prévue jeudi a été annulée, selon la CGT, précisant que la reprise des négociations était conditionnée par le groupe à un préalable : le déblocage de l’usine.
Source : site Touléco

VENDREDI 9 OCTOBRE - 17 Heures - devant FREESCALE

Communiqué des grévistes de Freescale :

Nous en sommes à 29 jours de grève. Le moral des grévistes reste bon, renforcé par la colère face à l’attitude du patron.
Vendredi dernier, 2 octobre, il a enfin ouvert une réunion de négociations à 14 h 30. Mais il voulait imposer sa « méthode » : une réunion tous les 10 jours et on ne parlerait d’indemnités que plus tard…. La présence de 150 grévistes autour de la salle l’a amené à changer d’attitude : pour ceux qui voudraient partir dès 2009, 60 000 € plancher tout compris (même pas le salaire plus les indemnités légales auxquels auront droit ceux qui ne partiront qu’à la date prévue de la fermeture en 2011) ! Les grévistes ont alors exigé que le directeur négocie plus sérieusement : ils ont bloqué les issues de la salle quand il a voulu lever la séance vers 19 h.
Moins de 2 heures plus tard la police chargeait (bousculades et matraquages) et évacuait la direction sous les huées des grévistes mais aussi des personnes venues les soutenir à l’entrée de l’entreprise.
En riposte, nous avons décidé de bloquer les entrées des équipes de week end. La police est réintervenue à chaque fois. Du coup certains non-grévistes ont préféré ne pas rentrer…
Ce lundi les blocages d’entrée ont continué. Le patron, apparemment sollicité par le préfet, a proposé une réunion dès 13 h 30, mais seulement pour envisager les « conditions de la négociation » ! Il n’en est rien sorti. La suite demain matin à 10 h.
Face à un patron sourd à nos demandes le bras de fer continue.

Conscients que nous avons besoin de la solidarité la plus large possible, nous avons décidé l’organisation d’un RASSEMBLEMENT DE SOUTIEN auquel nous appelons tous les travailleurs et leurs organisations de la région toulousaine (et au-delà pour ceux qui pourraient venir) devant l’entreprise VENDREDI 9 OCTOBRE à partir de 17 h (avec concert toute la nuit).

Toulouse, lundi 5 octobre 2009

dimanche 4 octobre 2009

Vrais ou faux services publics ?

l'éditorial de Daniel Glückstein
(Informations Ouvrières n° 64)

L’HUMANITÉ (29 septembre) publie les résultats d’un sondage portant sur le projet de loi privatisant La Poste : en cas de référendum sur ce point, 75 % des personnes interrogées voteraient non. Cela ne saurait surprendre. On connaît l’attachement de la classe ouvrière, et plus généralement de toute la population, aux services publics conquis de haute lutte. Cela pose de manière immédiate une question : au-delà de la « votation citoyenne » organisée par différents partis de gauche et syndicats le 3 octobre, que faut-il faire pour contraindre le gouvernement à renoncer à son funeste projet ?
Le même numéro de L’Humanité consacre un article à dénoncer « les menteurs ». Qui sont les menteurs ? Selon L’Humanité, ce sont « les privatiseurs (qui) ont toujours éprouvé le besoin de repousser (…) la responsabilité sur Bruxelles (…) histoire de laisser penser que l’Europe impose la réforme ».
Désigner l’Union européenne et ses directives comme responsables de la privatisation des services publics serait-il un mensonge ?
Poursuivons notre lecture : « En réalité, les directives européennes se “contentent” d’organiser l’ouverture progressive des services à la concurrence en réduisant l’étendue des monopoles d’Etat autorisés, mais elles restent muettes sur la question du statut des opérateurs historiques, qu’elles “laissent” aux Etats nationaux
Si l’on comprend bien L’Humanité, l’Union européenne réduit l’étendue des monopoles… mais permet de conserver un établissement public ?
Soit ! Poursuivons : « Ce qui est vrai toutefois, c’est que la libéralisation organisée par Bruxelles empêche le maintien de vrais services publics. »
En bon français, cela veut dire que l’Union européenne ne tolère que « de faux services publics ». Mais qu’est-ce qu’un faux service public ? L’Humanité l’explique fort bien : « Si un Etat décidait de garder son opérateur 100 % public, les règles de la concurrence lui interdiraient de subventionner plus que la fourniture du “service universel” rabougri prévu par les directives. »
Trêve d’emberlificotage. Même si - pour suivre le raisonnement de L’Humanité - le gouvernement ouvrait à la concurrence sans changer « le statut de La Poste », cela déboucherait sur la fermeture de dizaines de milliers de bureaux de poste jugés « non rentables », la suppression de dizaines de milliers d’emplois, la remise en cause du statut des personnels, etc.
Oui, l’unité est nécessaire pour imposer au gouvernement qu’il retire son projet de loi.
Le Parti ouvrier indépendant, dans le soutien qu’il apporte à l’appel de Roquebrun, entend prendre toutes ses responsabilités dans ce sens.
Mais on notera que l’appel de Roquebrun prend soin de revendiquer « le retour au monopole public de La Poste ».
C’est la question cruciale. En effet, ce serait duper le peuple que d’avoir pour objectif un « faux service public » tel que toléré par Bruxelles. Il n’est de service public authentique que celui qui ne subit nulle concurrence. C’est le retour au monopole public du service postal qu’exige la population avec la réouverture des bureaux de poste de plein exercice, avec la défense et la reconquête du statut de fonctionnaire pour tous les postiers. Et cela, qu’on le veuille ou non, suppose l’abrogation des directives européennes, la rupture avec le carcan de Maastricht.
Nous n’en faisons pas un préalable à l’unité.
Mais la clarté du débat exige que l’on sache que telles sont les positions du Parti ouvrier indépendant.

mercredi 16 septembre 2009

Communiqué de Francine SCHIVARDI, Conseillère générale du canton de Ginestas


Je vous remercie, vous, les 2 897 électeurs du canton de Ginestas qui m’avez permis de devenir, ce dimanche, la conseillère générale du canton avec 56,58 % des voix.
Je vous remercie, vous, les militants du POI, du PCF, du Parti de Gauche, et vous, les électeurs de toutes tendances politiques qui m’ont soutenue.
Je vous remercie, vous, les électeurs socialistes qui avez refusé de suivre les dirigeants de la fédération du PS de l’Aude, entraînant avec eux le président du conseil régional, et qui se sont mobilisés pour remettre en cause le mandat confié par la majorité des électeurs du canton à Gérard Schivardi.
En démocratie, seul le peuple doit avoir le pouvoir de défaire ce qu’il a fait !
Le suffrage universel a parlé, et de façon très nette.
Vous avez clairement indiqué que vous souhaitiez que notre action soit poursuivie.
Par votre vote, vous avez d’abord réaffirmé votre attachement au suffrage universel, remis en cause par l’invalidation de Gérard Schivardi.
En m’élisant, vous avez confirmé le mandat que vous aviez donné à Gérard Schivardi de défendre nos communes contre leur absorption par le Grand Narbonne, de défendre le canton de Ginestas contre sa disparition prévue par la réforme territoriale, de défendre notre viticulture contre la politique de Bruxelles.
Vous avez confirmé votre détermination à défendre nos services publics, au premier rang desquels la Poste, menacée de privatisation. Vous avez approuvé la démarche d’unité lancée par le conseil municipal de Mailhac pour une manifestation nationale à Paris pour le retrait du projet de loi transformant la Poste en société anonyme, pour exiger le retour au monopole public de la Poste, et la réouverture de nos bureaux de Poste.
Je respecterai ce mandat et je vous en rendrai compte.
Avec mon suppléant, Pierre Gely, nous nous emploierons à présenter et à défendre les dossiers d’équipement des communes que vous m’avez confiés.
J’invite la population du canton, ses conseillers municipaux, ses maires de toutes tendances à se rassembler pour qu’ensemble nous œuvrions tous dans ce sens.

Mailhac le 13 septembre 20h